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Le Louvre, Le musée d'Orsay...
Entre 1994 et 1997, ce fut pour moi le temps des cédéroms.
Cette
galette multimedia n'était encore que rarement invitée à la table des
institutions culturelles où on lui trouvait souvent un goût indigeste.
Afficher
les chef d'oeuvres du Louvre, par exemple, sur des écrans de pixels
était plutôt mal vu par la plupart des professionnels du monde de
l'édition, de la culture, et bien sûr des musées.
Pas
particulièrement iconoclaste, mais plutôt ouverte aux "nouvelles
technologies" (j'avais commencé ma vie professionnelle en faisant de la
télématique, oui, rappelez-vous les
3613, 3614 et autres 3615...), j'ai accuelli la proposition de la RMN
de réaliser un cédérom sur Le Louvre avec grand intérêt. J'avais déjà
manié l'arborescence et je connaissais l'existence des fameux "liens
hypertextes", qui paraissaient alors tellement magiques...
Jaquettes originelles de 1994 et 1996
La
conception et la réalisation du "Louvre, Peintures et Palais" (1994) et
d'"Orsay, Visite virtuelle" (1995-1996) ont été des "chantiers"
importants, un an pour le premier, un an et demi pour le 2ème. Le mot
"chantier" est d'ailleurs à prendre dans tous ses sens : métiers aux
contours incertains, bugs d'organisation et de coordination (ah, le
chef de projet me demandant de fournir mes textes par petits morceaux,
avant la finalisation et la relecture de l'ensemble !....) et jolies
rivalités, notamment autour du rôle et de la définition de l'auteur,
cent fois revisités.
Les réalisations suivantes se sont faites avec plus de sérénité, de mon point de vue...
Pour "Nature interactive" (1995), il s'agissait pour moi de trouver des
astuces de scénarisation pour rendre plus ludique la consultation d'un
contenu de type "fiche". La base de données est donc devenue une
promenade dans les milieux naturels, ponctuée de "surprises" : un
fourré qui bouge, un cri d'animal, transformant la consultation du
cédérom en un mini-safari photo.
La
"Tour Eiffel, Tours et détours" (1996-1997) a été aussi un bon
souvenir, scénaristiquement parlant. Je me suis notamment régalée à la
truffer de fantômes qui apparaissaient de façon aléatoire au cours des
visites, de chansons d'époques qui se déclenchaient entre deux étages,
et... de papillons annonciateurs d'oeuvres d'art : la tour en
peintures, en photos, en icône...

Plus sérieux, mais aussi plus précieux, "Trésors de premiers
imprimeurs" (1997), dont j'ai toujours détesté le titre typiquement
"marketing culturel", a eu le grand mérite de me faire visiter les
soupentes et les recoins des grandes bibliothèques de
Champagne-Ardennes, à la recherche des incunables (les premiers livres imprimés, entre 1450 et 1501).
Ce
fut "mon dernier cédérom". Internet avait commencé à proposer des
sites, qui se sont avérés de plus en plus intéressants, jusqu'à
déboulonner l'exception ludo-culturelle du off-line français...
Toutes
les sociétés de production (Montparnasse Multimedia, Index, Pathé
Interactive, Grolier interactive, Coriolis) qui furent mes
interlocuteurs ont disparu.
Aujourd'hui, les cédéroms sortent progressivement de la vente et la plupart ne sont plus lisibles par les ordinateurs récents...
C'était le temps des cédéroms...
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