JUILLET 2007
C'est maintenant certain, je vais me mettre un mois au vert (envie d'écrire), dans un endroit retiré (Epaux-Bézu /Aisne/Picardie), un village avec boulangerie-épicerie (minimum vital).
C'est décidé, je vais m'abonner pendant un mois à Libération parce que c'est un luxe insolent de recevoir chaque matin son journal
préféré les pieds dans l'herbe et sans polluer les petites routes de
campagne pour aller au tabac-presse le plus proche (15 km). Et aussi
parce que je me dis que le journal a bien besoin du soutien de ses
lecteurs pour se sortir de sa mauvaise passe.
Un
bon Libé, même maigrichon -l'été met les journaux au régime en
général-, sur une chaise longue et au son des grillons, c'est bon comme
un glaçon dans un verre de vin un jour de canicule.
16 juillet
J'envoie
ma demande d'abonnement pour qu'elle commence le 26 juillet, date du
début de ma retraite buccolique. Le service abonnement demande 10 jours
de traitement du dossier. Zut, je suis un peu en retard.
26 juillet
Il fait exceptionnellement beau et je me réjouis d'avance à l'idée de
mon bain de soleil avec Libé à l'heure de la sieste. Mais Hervé, le
gentil facteur , n'a rien à me livrer. Déçue je suis. Vivement demain.
27 juillet
Rien.
J'appelle le service Abonnements de Libé. On me dit que normalement, ce
n'est pas eux qui doivent répondre (comprendre : le service
d'abonnement de vacances est sous-traité), mais que bon... On me dit
que dans l'ordinateur, c'est marqué que mon abonnement commence le 2
août prochain. Je dis que ce n'est pas normal, que j'avais demandé le
26 juillet. On me dit que ce n'est pas possible de faire plus vite. Je râle
, je dis que cela ne m'arrange pas du tout, qu'une date, c'est une
date. On me passe la "supérieure". J'explique qu'avec tout ça, non
seulement Libé me manque la 1ère semaine, mais qu'en plus, avec le
décalage, il va y avoir une semaine où le journal arrivera à Epaux
pendant que je serai revenue à Paris
. Elle me propose aussi sec de re-router la dernière semaine de mon
abonnement à Paris. Je lui dis que j'ai déjà le journal au boulot,
alors bon... Elle me suggère d'offir ma dernière semaine à quelqu'un.
Je dis que je ne connais personne car je boude .
30 juillet
Tiens,
une lettre de Libé ! "Mademoiselle... Compte tenu des délais
d'installation, votre demande nous est parvenue trop tard pour un
démarrage à la date demandée". J'étais au courant, merci. Je ne peux
pas m'empêcher de penser que plus de 15 jours entre la réception
probable de mon bulletin d'abonnement et la date de début de réception
du journal, c'est un tantinet long. Et puis je n'aime pas les lettres à
la philosophie procédurière. Je la mets au feu. Bien fait.
31 juillet
J'apprends la mort d'Antonioni par la radio.
AOUT 2007
A
la faveur d'un rayon de soleil égaré, je fais mes comptes : il me reste
4 semaines de villégiature, j'ai toute la vie devant moi, je vais
écrire comme jamais; d'ailleurs, la pluie, c'est ce qu'il y a de mieux
pour écrire.
2 août
Il est là, tout moche dans son emballage plastique, mais il est là, le Libé.
6 août
Il n'est pas là. Il pleut
7 août
Deux d'un coup. Admettons. C'est fou ce qu'un quotidien n'a pas le même goût le lendemain.
11 août
Il
n'est pas là. Comme je vais "en ville", je passe devant les étalages de
journaux en rasant les murs de peur de déflorer la Une.
15 août
C'est
la fête à la grenouille, Libé paraît, mais le facteur ne travaille pas,
donc bernique. On décide alors de mettre le cap au sud, pour essayer de
rencontrer l'été. Direction la Haute-Savoie.
16 août
Je téléphone à la dame du service abonnement de Libé : il faut 4 jours de délais pour enregistrer le changement d'adresse.
Les 17 et 18 août
J'essaie de ne pas penser que je n'ai rien à lire, qu'il neige presque, et que mes Libé moisissent dans la boîte d'Epaux
20, 21, 22 et 23 août
Bonheur sans nuage et avec Libé à l'heure de la sieste au balcon , le meilleur moment de l'été...
24, 25, 26, 27, 28, 29 août
La
routine. Libé n'est pas au rendez-vous qu'une fois sur deux. Régime
pain béni + pain rassis... L'été se termine. Le jour de mon retour à
Paris, j'attends le facteur avec un petit pincement au coeur et rien
justement. Dommage, je ne lirai que plus tard l'article sur les joies
de la fin des vacances. "Enfin la rentrée. Même les vacances pourries ont une fin
" titre mon journal préféré. Sales bestioles, voisins très voisins,
amis très moyens, accidents, tout y passe, ou presque. Manquent
peut-être quelques lignes sur les abonnés déçus.
30 août
Je
n'attends pas le week-end pour revenir dans ma campagne. Je débarque ce
jeudi en fin de matinée. De ma boîte à lettres dégringole un beau tas
de Libé ! Oui, mais pas celui du jour. Je les lis quand même et à la
fin, c'est comme si jamais à la fois une indigestion
et encore faim. En plus, sur la Une de celui du 29, une annonce
alléchante : avec ce numéro, Paris Mômes. Chic ! oui, mais faut le
demander au kiosque... Pas la joie.
SEPTEMBRE 2007
2 septembre
Voilà. Je ne suis plus une abonnée de l'été. Il n'y a plus d'abonnement et plus d'été.
J'ai
Internet gratuit et illimité. Le site de Libé n'est pas mal fait. Il
n'est pas le seul. Même celui du Figaro est bien, me dit ma copine
Martine.
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